Les communs dans l’histoire

Lundi 30 novembre : « Les communs dans l’histoire », conférence de Gérard Guillaume

« Avant la Révolution Française, nos campagnes étaient structurées d’une manière collective originale, qui coexistait avec le régime féodal. Les « communs », trop souvent oubliés de nos mémoires, relevaient de ce système, mais d’autres organisations peuvent être rappelées comme les « banalités » ou certains droits, tel « l’affouage » qui demeure encore vivant aujourd’hui. Remontons un peu le fil de l’histoire pour nous replonger dans cette société plus communautaire que l’Histoire nous l’a parfois appris. »

Pour poursuivre vers les prochaines conférences, introduire les enjeux contemporains des communs et aider à prendre la mesure de ce qui se passe aujourd’hui, regardons sous l’angle de l’information :

  • >> source
  • En 1959 : Alfred Sauvy : « Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés, ils deviennent des sujets »
  • Dans le milieu des années 2000, Douglas Ruschkoff : « L’internet ne permet pas seulement de distribuer l’information à des millions de gens; il permet à des millions de gens de distribuer l’information »

Que s’est il passé entre 1959 et le milieu des années 2000 ? :

  • 1961, un papier théorique d’un étudiant du MIT qui dit : si je veux que deux ordinateurs communiquent entre eux, quel protocole dois-je utiliser ?
  • 1962, un autre article du MIT, celui-ci très sociologique, d’une espèce de galaxie interconnectée où les gens s’échangeraient des documents, des informations etc.
  • 1964, un autre étudiant qui fait sa thèse sur justement la construction d’un réseau, qui serait maillé, qui ne serait pas du tout centralisé et qui montre qu’un réseau maillé est beaucoup plus résistant à une attaque qu’une autre forme de réseau. 
  • 1969 que 4 ordinateurs sont interconnectés, c’est très amusant, entre l’université de l’Utah et la Californie. Il fallait passer le mot « login ». Le L passe, le O passe et au G Internet s’effondre et le G ne passe pas. Donc, on ne passe que deux lettres à l’époque. 
  • 1989  Tim Berners-Lee à Genève invente le web (Internet et le Web sont 2 protocoles distincts). Il rend un mémo intitulé “Gestion de l’information : une proposition”, qui en contient les principes fondateurs.
  • 1991-1992 Al Gore, vice-président des États-Unis fait son « Livre blanc », dans lequel il dit : nous allons interconnecter les écoles, les hôpitaux, les administrations. Nous allons faire d’Internet un vecteur de progrès social, sociétal et il lève une contrainte qui était qu’Internet était réservé aux centres de recherche. Donc, Internet et le Web deviennent grand public.

Le développement s’est fait sur des « enjeux de coexistence d’une logique de communs, « open » « ouvert » versus une logique privée, fermée dans le développement des services du web : depuis quelques années, force est de constater que la seconde grignote la première et que ce n’est pas au profit de l’accès juste et émancipé à la connaissance » >> Olivier Ertzchheid https://peertube.fr/videos/watch/f9f3cb0d-83b5-4f2a-b9f9-39ed0c9ed1df (Bonus « La bataille du Libre) :

  • Dès le début des années 2000 avec « Code is law » Lawrence Lessig alerte : « Attention, la plupart des décisions, qu’on prendra dans 20 ans, dans 30 ans, dans une société qui sera entièrement numérique, la quasi totalité des décisions seront prises par du logiciel et du code informatique. Et la bonne question à se poser, c’est, quelles sont les valeurs des gens qui programment ces logiciels, quelles sont les valeurs qu’ils vont injecter à l’intérieur du code, une régulation se fait maintenant par l’omniprésence du code dans nos vies, on devrait peut être avoir notre mot à dire ?« 
  • 200? Le Web 2.0 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0
  • 2009 Pour son analyse de la gouvernance économique, et en particulier, des biens communs », Elinor Ostrom reçoit le prix nobel d’économie pour ses travaux pionniers qui ont assuré le retour du débat sur les Communs à l’époque contemporaine https://fr.wikipedia.org/wiki/Elinor_Ostrom
    > Les 8 principes de gouvernance des communs relevés par Elinor Ostrom dans le cas de succès de gestion de biens non exclusifs, mais rivaux, sont mobilisables pour d’autres mode d’auto-organisation, notamment la gouvernance des logiciels libres. Elinor Ostrom a d’ailleurs coécrit un livre avec Charlotte Hess sur les communs de la connaissance.

Regardons du côté de la logique des communs, de l’Open, de l’Ouvert :

  • Logiciels Libres > Les 4 libertés fondamentales du logiciel Libre :
    > liberté d’utiliser le logiciel
    > liberté de copier le logiciel
    > liberté d’étudier le logiciel
    > liberté de modifier le logiciel et de redistribuer les versions modifiées
  • Le logiciel Libre est il un commun ? https://framablog.org/2017/09/29/le-logiciel-libre-est-il-un-commun/
  • Formats ouverts : pourquoi faire ? https://www.april.org/formats-ouverts-pour-quoi-faire
  • Licence Creative Commons : Vidéo du ministère de la culture https://www.dailymotion.com/video/x1tg4gv « Creative Commons est une organisation non gouvernementale, à but non lucratif qui a conçu des licences qui ont été adaptées dans plus de 70 pays dont la France… »
  • Creative Commons France http://creativecommons.fr/faqs/
  • Internet, politique et coproduction citoyenne :
    > « Qu’entendons-nous par “coproduction citoyenne”? Il s’agit d’un service ou d’un contenu utile à la Cité et produit par les citoyens, qu’ils travaillent entre eux ou en lien direct avec une administration. Certaines formes de coproduction citoyenne, notamment associatives, existent depuis longtemps hors du Web et sont bien ancrées dans le tissu social. Mais l’ampleur de l’action, la simplicité de coordination des travaux et la capacité de diffusion qu’autorise Internet, rendent possible des coproductions d’un genre nouveau. Les processus de fabrication de l’information et de la norme politique peuvent aujourd’hui couvrir des usages précédemment hors d’atteinte, parce que limités par la nécessité de présence, la distance, ou le coût de la communication à grande échelle.« 
    > Au cours de ces dernières décennies, plusieurs systèmes de coproduction, hors de la sphère politique, se sont développés dans le sillage de la démocratisation progressive d’Internet. Ces systèmes ont en commun leur ouverture, laquelle se retrouve dans leurs noms : “Open Source”, “Open Content”, “Open Standards”
  • Web 2.0, 15 ans déjà : réenchanter Internet, 7 pistes pour y parvenir https://www.reenchanter-internet.com/event/afterwork-reenchanter-internet-7-pistes-pour-y-parvenir

Sources :

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